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Review – Jesus is my son – 1914-1918 – IRM

Indie Rock Mag – RabbitInYourHeadlights – 17/02/2012 – link

Après l’ombre de l’Éternel sur l’EP Sacrifices Odieux (2006) et le bien-nommé Je Suis Dieu (2010), c’est celle de la Grande Guerre et de son enfer glacé qui plane sur les compos arides et désespérées de ce deuxième LP du projet solo de Grégory Duby, guitariste du trio noise K-Branding dont le superbe Alliance penchait déjà l’an dernier vers l’épure et l’introspection avec la réussite que l’on sait.

Pour Jesus Is My Son néanmoins l’ambition n’est pas neuve : étirer le temps, donner de la consistance à chaque note lourde de sous-entendus entre deux silences tout aussi pesants. Mais cette fois exit les effets, plus de distorsions dramatique ou de saturation qui emplit tout l’espace, seuls s’égrainent les accords et les respirations d’une guitare électrique solitaire, évocatrice, solaire et plus inspirée que jamais, comme on n’en avait peut-être plus entendues depuis les grandes heures de Labradford.

Lent, majestueux et constamment au bord de l’anéantissement, un chef-d’oeuvre de tension silencieuse qui sublime la désolation à l’image de ces moments d’attente entre deux batailles où la peur de la mort s’insinue peu à peu dans les cœurs, offrant à la tragédie qui se noue sa dimension la plus profonde dans l’anticipation.

Review – Jesus is my son – 1914-1918 – Shoot me again

Shoot me again – Fred – 17/01/2012 – link

Il n’aura plus fallu attendre 4 ans pour avoir la suite de JESUS IS MY SON qui semble avoir abandonné la folie des grandeurs du mysticisme en s’attaquant cette fois-ci à la première guerre mondiale, celle de 14-18, une autre folie, qui a tué plus de 10 millions de personnes.

La limpidité du son de JESUS IS MY SON tranche avec l’image boueuse et sale qu’évoque le simple nom de cette guerre des tranchées. Par contre la mélancolie dégagée par 1914-1918 semble interminable. Elle fige le temps et son désespoir. Cette guerre devait être courte, elle s’est éternisée.

Moins expérimental que ces prédécesseurs et plus joué (lentement), ce nouvel album de JESUS IS MY SON prouve la capacité de Duby à revenir à une utilisation de la guitare plus conventionnelle. Par conséquent ce disque est moins dans la recherche d’un son spécifique, bien que précis.

La clarté pour tristesse, pourrait-on dire comme mot d’ordre de ce disque, et cette limpidité déjà évoquée, cette douceur assez fragile, mais aussi cette précision construisent l’humeur de ce disque.

Seul le ressenti est évoqué. Celui de la tristesse, profonde, face à l’horreur de la guerre. Face à l’inutilité de la fierté nationale. Celui de la morosité et de l’amertume d’être vivant parmi les morts.
Celui du chagrin qu’éprouvent tous ceux qui ont laissé une part, parfois très grande, d’eux-mêmes ou de leurs connaissances dans ces trous.

Ce disque aurait pu avoir plusieurs visages. Tout au moins, on aurait pu s’attendre à un disque qui évoquerait de manière différentes, sourde pour les combats, triste pour la mort, heureuse pour l’armistice … , les nombreux moments d’une guerre. Un cliché presque cinématographique que JESUS IS MY SON a voulu éviter, ne voyant, à raison, que grisaille, déprime, tristesse et morosité amère derrière une guerre et ce qui l’entoure. Cette guerre que l’on appelle la Grande Guerre, comme si une guerre pouvait être grande…

Seule la question du choix de la guerre 14-18, reste sans explication musicale au bout de ces 8 titres. Peut-être parce qu’à l’inverse de celle de 40-45 ou de celle du Vietnam, la première guerre mondiale, tournant clé dans « l’art » de la guerre moderne, reste peu évoquée et par conséquent peu emprunte d’images collectives. Plus libre à l’interprétation et plus aisée à emporter l’auditeur.

New release – Suboko – A Casa Vazia

Nouvel album de Suboko.

Ce magnifique trio français nous revient avec l’album soeur de Bru-Tes.
Cet album fut enregistré à Porto lors de la dernière date de leur tournée de Mars 2010.
Un album personnel et introspective. Calme et puissant.
A Casa Vazia est son nom.
Un extrait est écoutable sur soundcloud: http://soundcloud.com/ffhhh/hhh72

Un gentil cadeau vous sera offert si achat groupé des deux albums de suboko.
A Casa Vazia + Bru-Tes

Pour commander envoyez moi un email ( info@ffhhh.be ) ou commander directement sur le site via l’onglet ‘Mail Order’.

For English reader:

New release of Suboko.

Suboko is three French drummers named Bouto, Gully and Regreb. They played drums, metals, turntables, electronics and objects. ‘A Casa Vazia’ is their second release for FF HHH.

This album is the sister of the first one ‘Bru-Tes’. Also recorded live. Here it was during a tour March 2010. Actually, the last day. Last concert in in Porto. The track is a long and quiet moment. Last day before back home.

A special gift if you buy both Suboko’s albums. A Casa Vazia + Bru-Tes

To order: send me an email ( info@ffhhh.be ) or click on Mail Order on the FF HHH website.

Review – Suboko – Bru-Tes – Essmaa’s Blog

Essmaa’s Blog – Essmaa– 14/07/2011 – link

Expérimentations, rythmique abrasive, éruptions soniques, les morceaux de Suboko (trio de batteurs ne jouant pas de batterie né en 2005) sont des nouvelles équations dans le petit milieu des savants sonores. Nous les avions découvert pour un premier album sur le label strasbourgeois , curieux et exigent Ritte Ritte Ross. Nous les retrouvons sur le label bruxellois FF HHH, prises directes de deux prestations lives, cutées en piste de 18 secondes, pour une écoute aléatoire. En 99 titres et 30 minutes, ces prestations lives démontrent que Suboko n’a pas son pareil pour asséner à deux cents à l’heure des ambiances imparables, livrées brutes et intenses. Du séminal au graisseux, le plaisir de l’improvisation est total et se déploie dans une énergie ralliant Diatribes et Radian.
Multiplicité des percussions résonnantes, de ferraille rouillée, d’objets recyclés, de platines sillonnées par des sonorités aussi bruyantes que bourdonnantes. Ce disque révèle la méthode de travail du trio et éclaire une démarche artistique qui s’intéresse au brouillage de la ligne séparant l’organique du synthétique, le physique et le cérébral. Suboko réétalonne les angles d’un rêve abrasif sur une rythmique dénudée jusqu’à l’os ; extirpe des fluctuations du moral des sinusoïdales bruitistes. Estafilades métalliques pour les idées noires. Claques sonores pour hématome.

New release – Cumulative Trauma Disorder

De la pluie, des nuages gris, un travail qui ne s’arrête même pas l’été, des voisins qui font de continuels travaux tous les samedis et tous les dimanches, des routes qui sont toujours en travaux, des silences, des bus en retards, des trains qui n’arrivent plus, des heures à rattraper, des soirées à oublier, des mois a compter, … Merci à vous

Nouvelle sortie sur FF HHH: Cumulative Trauma Disorded.
Il faut penser et puis il faut oublier. C’était bien les années 80. C’est beau quand c’est simple.

Chris, de la scène post-punk-electro/indus belge et Fabrice, no-wave-addicted se sont associés l’année passée autour d’un projet commun appelé Cumulative Trauma disorder. Le postulat, qui résulte de leur expérience individuelle, est basé sur une maladie technique provoquée par l’accumulation de gestes répétitifs générant un traumatisme blessant une partie précise du corps de l’individu. Le groupe s’est réuni dans un studio a Bruxelles et a enregistré des sessions d’improvisation musicale, se référant aux répétitions gestuelles de la vie quotidienne, créant différents morceaux appelés Trauma. Les traumas générés grâce à de vieilles machines analogiques capricieuses perturbées par la distortion et la répétition se retrouvent sur ce premier album dans l’odre de leur création chronologique et traduisent d’inquiétantes blessures liées à la vie post-moderne.

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Chris comes from the Belgian post-punk-electro-industrial scene and Fabrice Toussaint is a no-wave addict. In 2010, they started their duo “Cumulative Trauma Disorder”. A cumulative Trauma Disorder is a condition where a part of the body is injured by repeatedly overusing or causing trauma to that body part.

The project recorded free sessions in Brussels. Their music is based on all theses repeated gestures of the common life. It is an interpretation of all depressing and hopeless wounds from our post-modern world.

By forcing all their analog machines, by overusing them, Cumulatie Trauma Disorder transforms each track to a sounding trauma. The tracklist follows the creation order.

Review – Grégory Duby– I died in 1984 – EtherReal

EtherReal – Fabrice Allard – 24/05/2011 – link

C’est la première fois que nous parlons de Grégory Duby en tant que tel, mais nous avons déjà abordé le travail du boss du label belge FF HHH alors qu’il composait sous le pseudo Demetan Meslier. Il nous revient donc sous son propre nom avec ce mini album composé de trois longs morceaux, croisant vraisemblablement guitare et machines.

Passé l’étonnement provoqué par l’originalité de la pochette, ce sont les trois titres qui retiennent notre attention, tant par leur forme avec ces juxtapositions de mots que par leur teneur, trahissant un certain malaise : Tremblement et Respiration, Tristesse et Peur, Apocalypse et Renoncement.
Une fois le disque sur la platine, on est en terrain un peu plus connu, même si l’on est en présence d’une production très expérimentale et que le ton se fait globalement plus dur, plus bruitiste que sur Propriétaire, le seul album que l’on connaissait de Demetan Meslier. Le disque s’ouvre sur un sifflement électronique pur et strident qui heureusement se voit rapidement trituré, rendu granuleux par des machines. C’est ensuite au tour de textures hachées et grondements électroniques, ronronnement d’amplis et résonances de guitare électrique de prendre le relai jusqu’à ce que de grosses déflagrations bruitistes créent une cassure. Les 4-5 dernières minutes de Tremblement et Respiration se révèlent être un peu différentes, plus homogènes, proches d’une texture répétitive, mécanique.

On sera d’ailleurs surpris de la tonalité industrielle de certains passages, où tout simplement par Apocalypse et renoncement, extrêmement électronique, marqué par ses martèlements électroniques technoïdes, ses froissements métalliques et textures grésillantes et rugueuses.
Entre les deux, Tristesse et Peur est peut-être notre morceau préféré. Plus riche, il passe de martèlements électroniques saturés à un simili apaisement en intégrant des éléments acoustiques, de réguliers tintements de bouteilles en verre. Petit à petit les éléments se mettent en place, une rythmique posée, un tempo lourd, et comme souvent sur ce disque, des effets et traitements qui viennent salir, détériorer la matière sonore.

I Died in 1984 est un disque difficile, très expérimental, aride. Il s’agit du genre de musique que l’on préfèrerait très certainement voir en live et que l’on conseillera avant tout aux amateurs d’abstractions bruitistes.

New release – Martiensgohome & Aymeric De Tapol plays lost foxes

Vous, l’astucieuse, je vous vois de haut en bas.
Rusée vous m’incitez à vouloir me lever et à crier.
Rusée, l’astucieuse a composé mon esprit.
Elle m’a fait vivre durant une heure.

Ca faisait longtemps. Surement trop longtemps. Mais maintenant c’est . C’est ici comme ca peut être partout. Ils sont quatre et un et ensemble ils sont l’ensemble. ‘Martiensgohome & Aymeric De Tapol plays lost foxes’. La meilleur façon d’en parler c’est de l’écouter.

MGH is a noisy monster who lives in a radio once a week. They do what they do and they do it well. Young child music for deaf priests

Aymeric de Tapol is a farmer in a magnetic field. Monster frequencies and massive click beats.

‘Martiensgohome & Aymeric De Tapol plays lost foxes’ is 4 tracks. Smooth landscape with slow progressions, the best way to reach the Buddha.

Review – Suboko – Bru-Tes – Shoot me again

Shoot me again – Fred – 27/04/2011 – link

SUBOKO est un trio originaire de France qui propose une musique expérimentale basée sur l’abus de percussions, des samples et de sons électroniques. Un gros c’est un gros bordel expérimental qui déchire les tympans. Il s’agit de collages sonores.

Bru-Tes, c’est pour Bruxelles – Nantes, à la manière de l’ ENFANCE ROUGE , SUBOKO a associé deux villes pour nommer son disque. Il s’agit en fait de deux lives capturés tout simplement à Bruxelles et à Nantes en octobre 2009. Le disque est découpé en 99 pistes pour 30 minutes de musique. La bio conseille le mode random pour encore plus d’efficacité, ne reculant devant rien, j’ai testé… et c’est vrai que cela marche, conférant un caractère encore plus surprenant à l’objet.

Review – Suboko – Bru-Tes – EtherReal

EtherReal – Fabrice Allard – 10/03/2011 – link

Suboko est un trio français, principalement porté sur les percussions et bandes. On les découvre avec cet album qui est leur première collaboration avec le label belge FF HHH dont nous parlons désormais régulièrement, livrant des productions qui sortent des sentiers battus, globalement orientées free, drone, noise et rock.

Avec Suboko c’est l’improvisation qui donne l’impression de dominer puisque l’on trouve sur ce CD une petite demi-heure d’un dense amas de percussions métalliques, crissements de bandes et tonalités électroniques. La première chose qui surprend est le nombre de pistes. Bru-Tes est composé de 99 pistes de 18 secondes, mais on se rend bien vite compte qu’il ne s’agit en fait que d’une seule pièce de 30mn qui a été méthodiquement découpée, sans se préoccuper de l’endroit où allaient se faire les changements de piste. On se rendra compte que ce n’est en fait qu’un détail.
L’auditeur a bien sûr le choix dans la manière d’aborder ce disque. Écouter classiquement les pistes les unes à la suite des autres ou bien opter pour le mode lecture aléatoire comme le conseille le trio. Dans le premier cas, on aura l’impression d’écouter un live. En fait deux concerts donnés en octobre 2009, l’un à Bruxelles, le second à Nantes, qui ont été mixés, assemblés, afin de produire une pièce unique dont on sera bien incapable de dissocier les deux sources. En cas de lecture aléatoire, pas de gros changement car la musique de Suboko est extrêmement dense et imprévisible. Dans les deux cas, on passe ainsi rapidement d’une coup de cymbale à un jingle, d’un souffle grésillant à un fin sifflement, d’un mitraillage de basse à un rapide roulement de tambour, d’un grincement industriel à un chant d’insecte en passant par une furtive note de cuivre.
Dans les deux cas l’auditeur s’en prend plein les esgourdes. Tel un feu d’artifice, les sonorités jaillissent de toutes parts, les percussions assènent leurs coups vifs et secs, tandis que l’électronique tend à gronder.

On est souvent un peu perplexe face aux enregistrements de concerts d’improvisation, mais Suboko s’en sort plutôt bien avec cet album. D’une durée parfaite, d’une densité impressionnante, avec ce petit plus ludique lié à l’écoute aléatoire, Bru-Tes sera parvenu à nous séduire. Pour les amateurs du genre, le groupe devrait être en concert le 2 avril dans le cadre d’un concert du NonJazz (à surveiller car pas encore annoncé sur le site des organisateurs).

Review – Jean DL – The Room With The Flower Wallpaper – EtherReal

EtherReal – Fabrice Allard – 27/02/2011 – link

Jean D.L. est le projet de l’artiste belge Jean De Lacoste, musicien et vidéaste que l’on découvre ici. Actif depuis 2005 environ, Jean D.L. a notamment collaboré avec Sepia Hours et il apparaissait en mai dernier sur la compilation Free Classical Guitars du label FF HHH, consacrée à des improvisateurs européens de la six cordes.

C’est donc à la guitare que se produit principalement (exclusivement ?) le Belge, avec un mini album croisant douceurs contemplatives et tensions inquiétantes. On passe rapidement d’un style à l’autre, les 8 morceaux sans titres se révélant de courte durée, entre 1 et 3mn, donnant une impression de vignettes sonores, de courtes expérimentations improvisées qui pourraient éventuellement être des bases à un travail futur.
L’ambiance est d’abord sombre, l’album s’ouvrant sur un gros crash métallique et des guitares graves. Celles-ci se font ensuite plus douces, diffuses, voire un peu hésitantes, puis alternent avec des vagues d’une présence plus affirmées, sans que le son ne paraisse vraiment aride.

On ne sait pas dans quelles conditions ce disque a été enregistré, mais on a l’impression qu’il s’agit d’un concert, un set composé d’improvisations, peut-être en raison des flottements ambient qui hantent l’album, à moins que ce ne soit à cause des montées bruitistes de Untitled 04 ou des arrangements bancals qui suivent, lorgnant alors vers la musique contemporaine.
C’est donc une impression de liberté qui domine, comme si ces guitares virevoltaient selon leur bon vouloir, s’étoffant puis disparaissant sans prévenir, bifurquant par des chemins de traverse avant de retrouver une ligne bien définie, donnant même une impression de répétition sur la dernière piste.

Une douceur agréable et une approche finalement assez rare dans le domaine de l’improvisation.