{"id":78,"date":"2011-04-14T14:39:25","date_gmt":"2011-04-14T13:39:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/?p=78"},"modified":"2011-04-26T18:42:38","modified_gmt":"2011-04-26T17:42:38","slug":"review-%e2%80%93-k-branding-alliance-indierockmag","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/2011\/04\/14\/review-%e2%80%93-k-branding-alliance-indierockmag\/","title":{"rendered":"Review \u2013 K-branding \u2013 Alliance \u2013 Indierockmag"},"content":{"rendered":"<p>Indierockmag &#8211; Leoluce \u2013 01\/04\/2011 &#8211; <a href=\"http:\/\/www.indierockmag.com\/article14090.html\" target=\"_blank\">link<\/a><\/p>\n<p>Succ\u00e9dant au masque africain de Facial, la for\u00eat sombre d\u2019Alliance cache une musique en perp\u00e9tuelle \u00e9volution : toujours tribale et instinctive, certes mais cette fois-ci K-Branding explore de nouvelles pistes, exp\u00e9rimente de nouvelles ambiances et ajoute une corde suppl\u00e9mentaire \u00e0 son arc fondamentalement imp\u00e9tueux, celle de la retenue.<\/p>\n<p>En 2009, K-Branding extrait de sa formation chiche constitu\u00e9e simplement d\u2019une guitare mordante, d\u2019une batterie carr\u00e9e et d\u2019un saxophone furibard un premier long format \u00ab officiel \u00bb (apr\u00e8s une tripot\u00e9e de CD-R au nombre de copies limit\u00e9) sobrement intitul\u00e9 Facial. Un disque dont le masque africain qui orne la pochette me d\u00e9visage encore de ses yeux noirs et vides, tr\u00f4nant en bonne place dans la pile d\u2019albums qui ne s\u2019\u00e9loignent jamais trop loin de la platine. En 2011, le voici rejoint par la for\u00eat grise, bleue et noire d\u2019Alliance. Et l\u00e0 aussi, il y a fort \u00e0 parier que ce second opus du trio bruxellois n\u2019aille jamais rejoindre les \u00e9tag\u00e8res du haut, celles dont les disques finissent inexorablement par prendre la poussi\u00e8re. D\u2019abord parce qu\u2019Alliance retrouve les fulgurances industrielles et noise de Facial mais aussi parce que le trio y adjoint des accents in\u00e9dits, bien plus contemplatifs, presque ambient \u00e0 certains moments, \u00e0 l\u2019image de la longue introduction inqui\u00e8te du premier morceau.<\/p>\n<p>Autre changement, la voix qui faisait parfois de timides apparitions de-ci de-l\u00e0 dans le cyclone furieux et majoritairement instrumental de Facial est ici certes mix\u00e9e en arri\u00e8re mais bien plus pr\u00e9sente. D\u00e9clamatoire, cri\u00e9e et pour tout dire s\u00e9ant parfaitement \u00e0 cette musique azimut\u00e9e qui aime lorgner du c\u00f4t\u00e9 du free jazz. Bref, Alliance montre que l\u2019inaugural Facial, loin de n\u2019\u00eatre qu\u2019un coup d\u2019\u00e9p\u00e9e dans l\u2019eau, constituait bien l\u2019acte fondateur d\u2019un groupe dont on aimera d\u00e9sormais suivre les explorations cosmico-industrielles. Et encore, c\u2019est pour faire vite car \u00e0 m\u00e9langer d\u2019une telle mani\u00e8re free jazz et noise rock, dub mortif\u00e8re et \u00e9lectronique larv\u00e9e, musique industrielle aux fulgurances punk et no wave aux scories minimalistes, la musique de K-Branding s\u2019av\u00e8re bien difficile \u00e0 \u00e9tiqueter. Une belle personnalit\u00e9 donc. Toujours tribale, toujours visc\u00e9rale bien s\u00fbr, mais cette fois-ci, le cortex aussi s\u2019invite \u00e0 la f\u00eate, non pas qu\u2019il \u00e9tait compl\u00e8tement absent de Facial, loin de l\u00e0, mais il semble avoir jou\u00e9 des coudes pour revenir \u00e0 la surface et appara\u00eetre sur le photographie finale et le r\u00e9sultat n\u2019en est que plus saisissant.<\/p>\n<p>Le premier morceau d\u2019 Alliance suffit \u00e0 poser l\u2019ambiance que cache cette sombre for\u00eat rocheuse : au milieu d\u2019un entrelacs d\u00e9form\u00e9, alt\u00e9r\u00e9 d\u2019effets \u00e9lectroniques, de percussions sourdes et de larsens stridents, un saxophone r\u00eaveur d\u00e9ambule sans trop savoir o\u00f9 il va, rebondit d\u2019un c\u00f4t\u00e9, puis de l\u2019autre, les cl\u00e9s dans les poches, tranquille, indiff\u00e9rent aux bruits inquiets qui l\u2019entourent puis subitement, tout se met en place et le paysage \u00e9pars et nuageux du morceau se fait alors compl\u00e8tement industriel : batterie, cuivre et guitare suivent enfin la m\u00eame direction dans une dynamique conjointe. Aux errances de l\u2019entame se substitue une r\u00e9p\u00e9tition cinglante, massive et incisive d\u2019o\u00f9 la guitare, un temps, tente de s\u2019\u00e9chapper. Un morceau Janus aux deux visages, l\u2019un songeur et absorb\u00e9, l\u2019autre pragmatique et v\u00e9loce. Et il en va ainsi du reste du disque, parfois dispers\u00e9, parfois regroup\u00e9, un temps m\u00e9ditatif, un temps d\u00e9monstratif, totalement instrumental mais sachant \u00e9galement faire entendre sa voix, un disque qui aime associer dans le m\u00eame morceau tout et son contraire.<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019aspect monolithique de Facial explose ici en milliers de d\u00e9bris qui, tous, montrent une facette \u2013 qu\u2019elle soit d\u00e9j\u00e0 connue ou compl\u00e8tement nouvelle \u2013 d\u2019une formation mue par la volont\u00e9 de ne jamais se r\u00e9p\u00e9ter. Ainsi Empirism montre dans un premier temps des accents cold wave et d\u00e9clamatoires puis d\u00e9cide de prendre son \u00e9lan pour finir par rejoindre les limbes industrielles ; r\u00eaverie majoritairement \u00e9lectronique, Gefhar est toutefois parcourue de sombres lignes de saxophone et d\u2019une guitare post-punk et r\u00e9p\u00e9titive, pas vraiment agressive mais franchement inqui\u00e9tante de par son c\u00f4t\u00e9 monomaniaque. Et que dire de l\u2019\u00e9pisode Astral Feelings, compl\u00e8tement exp\u00e9rimental ? Une \u00e9lectronique cr\u00e9pitante rehauss\u00e9e de quelques notes de guitare tranchantes, d\u2019une voix atone et de percussions patraques aux ch\u0153urs d\u00e9form\u00e9s en contrepoint du refrain chant\u00e9. Un morceau-Alzheimer et trembl\u00e9, singulier. Parcouru de r\u00e9miniscences du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent \u2013 les ambiances de Throbbing Gristle et d\u2019Einst\u00fcrzende Neubauten, une guitare qui convoque parfois les ombres de Siouxsie and the Banshees, un saxophone qui rappelle de loin les fulgurances de Mats Gustafsson ou d\u2019un Zu \u00e9pur\u00e9 et moins massif \u2013 K-Branding continue \u00e0 n\u2019\u00eatre finalement que lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Alliance fait ainsi preuve d\u2019une diversit\u00e9 salutaire qui voit le groupe \u2013 la guitare cisaill\u00e9e de Gr\u00e9gory Duby, la batterie fine de S\u00e9bastien Schmit qui fait aussi entendre sa voix au c\u00f4t\u00e9 de celle de Vincent Stefanutti qui officie \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9lectronique mais dont entend surtout le saxophone acharn\u00e9 \u2013 explorer de multiples chemins entre les morceaux et le plus souvent dans les morceaux o\u00f9 les s\u00e9quences coulent les unes dans les autres, se succ\u00e9dant sans que l\u2019on s\u2019en rende bien compte et on a parfois l\u2019impression de changer de pistes alors qu\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019un nouveau mouvement, un autre visage du morceau que l\u2019on est en train d\u2019\u00e9couter (\u00e0 ce titre, les sept minutes saisissantes de Shields qui viennent clore le disque sont tr\u00e8s repr\u00e9sentatives). Facial \u00e9tait un rouleau compresseur qui ne s\u2019arr\u00eatait jamais et Alliance sait l\u2019\u00eatre \u00e9galement mais n\u2019h\u00e9site pas non plus \u00e0 m\u00e9nager des pauses, des passages plus introspectifs au calme apparent car on sent bien que l\u2019eau gronde sous ses plages \u00e9th\u00e9r\u00e9es, comme le traduit parfaitement cette pochette \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation luxuriante mais qui pousse probablement sur un caillou pel\u00e9, des arbres aux troncs majoritairement droits mais aussi en biais et puis surtout que gagnent la nuit ou un ciel orageux, pr\u00e9cipitant leur cime vers les \u00e9toiles. En apparence tranquille mais qui tire quand m\u00eame vers l\u2019inqui\u00e9tant.<\/p>\n<p>Une musique d\u00e9soss\u00e9e, s\u00e8che et froide. Triangulaire, le groupe joue serr\u00e9, pr\u00e8s de l\u2019os et montre une belle coh\u00e9sion exempte de fioritures tout en charriant des arrangements joliment travaill\u00e9s. L\u2019architecture est paradoxalement finement cisel\u00e9e et r\u00e9fl\u00e9chie alors qu\u2019on a de prime abord l\u2019impression que le trio se disperse et part dans tous les sens \u00e0 vouloir explorer trop de pistes. C\u2019est que l\u2019improvisation ne peut na\u00eetre que de l\u2019organisation. Le cortex encore. Avec cet opus, K-Branding ajoute une pi\u00e8ce de taille \u00e0 son puzzle furieux et l\u2019on sait qu\u2019on les suivra dor\u00e9navant les yeux ferm\u00e9s, f\u00fbt-ce dans une sombre for\u00eat, pour finir par deviner peut-\u00eatre ce que le dessin final de leur passionnant casse-t\u00eate pourrait bien repr\u00e9senter.<\/p>\n<p>Dans sa fa\u00e7on de rebondir en permanence entre fureur et retenue, Alliance est tout simplement et avant tout un disque brillant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Indierockmag &#8211; Leoluce \u2013 01\/04\/2011 &#8211; link Succ\u00e9dant au masque africain de Facial, la for\u00eat sombre d\u2019Alliance cache une musique en perp\u00e9tuelle \u00e9volution : toujours tribale et instinctive, certes mais cette fois-ci K-Branding explore de nouvelles pistes, exp\u00e9rimente de nouvelles ambiances et ajoute une corde suppl\u00e9mentaire \u00e0 son arc fondamentalement imp\u00e9tueux, celle de la retenue. &hellip; <a href=\"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/2011\/04\/14\/review-%e2%80%93-k-branding-alliance-indierockmag\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Review \u2013 K-branding \u2013 Alliance \u2013 Indierockmag<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5,8],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":100,"href":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78\/revisions\/100"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}