{"id":52,"date":"2010-12-28T16:22:56","date_gmt":"2010-12-28T15:22:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/?p=52"},"modified":"2011-04-26T18:42:57","modified_gmt":"2011-04-26T17:42:57","slug":"review-k-branding-live-at-nova-bruxelles-dec-2010","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.ffhhh.be\/home\/2010\/12\/28\/review-k-branding-live-at-nova-bruxelles-dec-2010\/","title":{"rendered":"Review \u2013 K-branding \u2013 Live at Nova (Bruxelles \u2013 dec 2010)"},"content":{"rendered":"<p>Next Clues &#8211; Totenfest &#8211; 18\/12\/2010 &#8211; <a href=\"http:\/\/www.nextclues.com\/index.php?affiche=L3JlcG9ydHNfc2VsZWN0ZWQucGhwP2lkcmVwb3J0PTg3NQ==\" target=\"_blank\">Link<\/a><\/p>\n<p>Auteurs d\u2019un redoutable et excellent Facial, v\u00e9ritable charge noise-indus hypnotique et sans concessions sortie l\u2019an dernier sur le label bruxellois Humpty Dumpty Records, K-Branding revient enfin au Nova avec un double set comprenant un cin\u00e9-concert puis un live classique.<\/p>\n<p>Invit\u00e9s par le Cin\u00e9ma Nova \u00e0 travailler sur des films courts et exp\u00e9rimentaux, le groupe en aura finalement choisi trois, d\u2019\u00e9poque et de notori\u00e9t\u00e9 diverses.<br \/>\nOuter Space de Peter Tscherkassky, visible ici en pi\u00e8tre qualit\u00e9, d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 un classique du film exp\u00e9rimental, prim\u00e9 \u00e0 juste titre un peu partout, propose la relecture radicale d\u2019une sc\u00e8ne tir\u00e9e de Entity de Sydney J. Furie. Montage hallucinant et travail au stylo lumineux permettent \u00e0 Tscherkassky de recr\u00e9er une nouvelle pellicule o\u00f9 le film devient finalement l\u2019unique menace r\u00e9elle, l\u2019agresseur invisible pr\u00eat \u00e0 s\u2019immoler pour tuer. Film sur la peur, sur la schizophr\u00e9nie, mais aussi r\u00e9flexion sur l\u2019art du montage et les possibilit\u00e9s du cin\u00e9ma, Outer Space met d\u2019entr\u00e9e de jeu la barre tr\u00e8s haut, d\u2019autant plus que le son originel de l\u2019\u0153uvre, simple bruit de la pellicule en souffrance, est proche de la perfection.<br \/>\nLes K-Branding vont opter pour l\u2019option la plus \u00e9vidente : cr\u00e9er une musique angoissante et horrifique pour accompagner ce crescendo dans le chaos et l\u2019oppression.<br \/>\nPour aider les malheureux ignorants \u00e0 se faire une id\u00e9e, on peut dire que la musique du groupe bruxellois oscille entre diff\u00e9rents p\u00f4les d\u2019attraction, de Naked City \u00e0 Sightings avec une bonne louche de Throbbing Gristle, le tout tendant vers la transe et l\u2019hypnose.<br \/>\nLeur bande-son du film Outer Space va donc d\u00e9velopper un univers sordide \u00e0 base de sifflements et de gr\u00e9sillements qui vont aller d\u00e9g\u00e9n\u00e9rant vers une transe bancale et malsaine.<br \/>\nOui, \u00e7a fait beaucoup d\u2019adjectifs \u00e9voquant la m\u00eame chose : le Mal, Satan, la psychose, la boue, en tout cas pas la m\u00e9lodie du bonheur. \u00c0 ma d\u00e9charge, force est de reconnaitre que la musique compos\u00e9e pour l\u2019occasion manquait peut-\u00eatre l\u00e9g\u00e8rement de subtilit\u00e9 et de contrastes, et qu\u2019elle peinait quelque peu \u00e0 rendre gr\u00e2ce \u00e0 la complexit\u00e9 et \u00e0 l\u2019envoutement provoqu\u00e9s par le film.<br \/>\nComme souvent, le concept prometteur du cin\u00e9-concert se heurte \u00e0 la masse de travail n\u00e9cessaire pour cr\u00e9er une bande-son r\u00e9ellement adapt\u00e9e au film, et laisse au spectateur un go\u00fbt d\u2019inach\u00e8vement un peu d\u00e9sagr\u00e9able.<\/p>\n<p>Heureusement, le film suivant, Living, de Frans Zwartjes, va \u00eatre l\u2019occasion pour le groupe d\u2019offrir un grand moment de transe industrielle.<br \/>\nMoins impressionnant dans sa forme que le tr\u00e8s abouti Outer Space, Living montre les d\u00e9ambulations dans une maison presque vide de Frans Zwartjes et de sa femme. Les mouvements improbables de cam\u00e9ra ne soulignent que leur quasi-immobilit\u00e9, Frans su\u00e7ote compulsivement son mouchoir et Trix finit par montrer ses seins. R\u00e9sum\u00e9 comme \u00e7a, \u00e7a semble ridicule, et sans doute c\u2019en est vraiment pas loin, mais une \u00e9tranget\u00e9 finit par op\u00e9rer sur le long terme et au final, c\u2019est assez troublant.<br \/>\nSur ce canevas tr\u00e8s vide, les K-Branding vont construire patiemment une cavalcade indus aux relents krautrock rythm\u00e9e par les sons \u00e9lectroniques bien froids tir\u00e9s des pads de la batterie. Faisant monter lentement la tension, le groupe va atteindre un rythme de croisi\u00e8re redoutable et cr\u00e9er un terrible moment d\u2019hypnose et d\u2019absence.<br \/>\nGros plaisir g\u00e9n\u00e9ral et r\u00e9chauffement direct de la temp\u00e9rature dans la salle du Nova.<\/p>\n<p>Le dernier film choisi par les musiciens date de 1925, il s\u2019agit de Jeux Des Reflets Et De La Vitesse par Henry Chomette\u2026<br \/>\nUne version inf\u00e2me est disponible ici.<br \/>\nUn film simple mais nerveux (voire qui tend vers l\u2019hyst\u00e9rie), sur lequel les K-Branding vont tout simplement ass\u00e9ner un gros free-noise bien agressif.<br \/>\nPas l\u2019option la plus originale encore une fois, mais qui a le m\u00e9rite d\u2019\u00eatre efficace.<\/p>\n<p>Pause de vingt minutes et d\u00e9gustation de bi\u00e8res au bar pendant que le groupe se reconfigure pour un set live classique attendu avec une certaine impatience et curiosit\u00e9 par votre serviteur.<br \/>\nCar K-Branding, qui avait disparu des radars pendant quelques mois, revient enfin en 2011 avec de nouveaux morceaux et un nouvel album, qui serait d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9 et en cours de mixage.<br \/>\nDonc la question est : que cela va-t-il donner ?<\/p>\n<p>Et pour y r\u00e9pondre, on remonte rapidement vers la salle du Nova (car \u00e0 l\u2019inverse de la plupart des lieux, le bar est ici dans la cave tandis que la salle est au rez-de-chauss\u00e9e).<br \/>\nLe point un peu contrariant de faire un concert dans une salle de cin\u00e9ma, c\u2019est qu\u2019on ne peut pas enlever les si\u00e8ges. Il va donc falloir s\u2019asseoir et contempler le groupe de loin, sans pouvoir suer un peu des oreilles \u00e0 proximit\u00e9 des amplis.<br \/>\nC\u2019est assez frustrant et rend l\u2019ambiance g\u00e9n\u00e9rale un peu molle, mais passons.<\/p>\n<p>Quels changements notables peut-on noter dans l\u2019\u00e9quipement du groupe qui puisse laisser pr\u00e9sager de changements musicaux marquants?<br \/>\nLes pads \u00e9lectroniques de la batterie de S\u00e9bastien Schmit (amateurs d\u2019ambiances maussades, voir aussi son projet Service Special) reli\u00e9s \u00e0 un contr\u00f4leur midi ont d\u00e9j\u00e0 prouv\u00e9 leur efficacit\u00e9 durant le cin\u00e9-concert ; le guitariste Gr\u00e9gory Duby (dont vous pouvez aussi au passage consulter les projets Jesus is my Son et, euh, Gr\u00e9gory Duby, c\u2019est tr\u00e8s bon) joue sur un Twin Reverb \u00e0 pr\u00e9sent ; il y a peut-\u00eatre plus de machines et de bazar analogique autour du saxophoniste Vincent Stefanutti qu\u2019avant, mais \u00e0 part \u00e7a, la configuration reste la m\u00eame : un trio guitare-batterie + machines-saxo + machines-voix&#8230;<br \/>\nEt en effet, la musique du groupe n\u2019a pas fondamentalement chang\u00e9, on reste dans les m\u00eames atmosph\u00e8res extr\u00e9mistes et satur\u00e9es, dans les rythmiques \u00e0 la fois complexes et irr\u00e9sistibles qui tendent toutes vers la folie.<br \/>\nPeut-\u00eatre peut-on noter un dess\u00e9chement des ambiances, avec une part plus grande laiss\u00e9e \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition, aux climats d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, et moins de furie noise qu\u2019avant (plus de Throbbing Gristle et moins de Sightings, pour situer) ?<br \/>\nCertaines structures de morceaux m\u2019ont aussi paru plus simples qu\u2019auparavant, voire laiss\u00e9es \u00e0 l\u2019abandon, en \u00e9tat larvaire. Dur de dire si c\u2019est le signe d\u2019un laisser-aller ou s\u2019il s\u2019agit d\u2019un choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, car ce refus presque autiste de la structure sur un ou deux morceaux ne laisse pas non plus indiff\u00e9rent mais rend cette musique encore plus malade et nihiliste.<br \/>\nD\u2019autres morceaux sont parfaitement hypnotiques et pourraient \u2013 plut\u00f4t devraient, d\u2019ailleurs \u2013 vraiment durer bien plus longtemps, et ceci sans aucun changement (oui, j\u2019aime les musiques r\u00e9p\u00e9titives).<br \/>\nLe rappel bat le retour des rythmiques guerri\u00e8res de la jungle cold-wave h\u00e9rit\u00e9es de Facial, et tout le monde est conquis.<\/p>\n<p>Au final, dur de juger les nouveaux morceaux de K-Branding \u00e0 l\u2019aune d\u2019un seul concert dans une salle de cin\u00e9ma, mais tout cela m\u2019a eu l\u2019air tout \u00e0 fait redoutable, parfaitement malade et toujours en qu\u00eate de transe.<\/p>\n<p>Verdict : vivement le disque.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Next Clues &#8211; Totenfest &#8211; 18\/12\/2010 &#8211; Link Auteurs d\u2019un redoutable et excellent Facial, v\u00e9ritable charge noise-indus hypnotique et sans concessions sortie l\u2019an dernier sur le label bruxellois Humpty Dumpty Records, K-Branding revient enfin au Nova avec un double set comprenant un cin\u00e9-concert puis un live classique. 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